News club 2026
"Ronde Aliénor d'Aquitaine" - BRM 1200km
Fallait le faire..., et Philippe l'a fait !!
13 Juillet 2026
Du 5 au 9 Juillet, Philippe Hallez était en Aquitaine pour participer à un truc de fous: la "Ronde Aliénor d'Aquitaine", un BRM 1200km et 11000m de dénivelé à faire en moins de 90h ("sommeil" et repas compris), avec départ et arrivée à St Médard-en-Jalles (33). Et pour rendre le truc encore plus fou, un concurrent, ou plutôt une concurrente, s'était invitée...: la canicule !
Afin de faire vivre ce périple aux autres, Philippe en a fait un résumé assez complet que vous pouvez lire ci-dessous... Et n'hésitez pas à le lire...: c'est beaucoup moins difficile que de l'avoir vécu !!
« En ce dimanche 5 juillet 8h40, je suis dans le sas de départ de la « Ronde Aliénor d’Aquitaine »(RAA), un BRM (Brevet randonneurs Mondiaux) de 1200 km qui se déroule tous les 4 ans et à réaliser en moins de 90h pour être homologué.
Brevet Randonneur, c’est l’ancêtre de l’ultra distance et du Bikepacking, terme peu flatteur, mais on y trouve de sacrés forçats de la route ! Il y a 280 inscrits, mais déjà 50 non partants en raison des
conditions difficiles annoncées (grosses chaleurs).

Direction NE et première difficulté le pont d Aquitaine et sa magnifique vue 56m au dessus de la Garonne. Peu après passage de la Dordogne et direction la Charente.
Premier contrôle (CP1) après 140km ; beaucoup de monde et longue file pour un repas chaud… : je préfère mon casse-croûte (riz thon œuf tomate). Remplissage bidons, arrosage car il fait très chaud et je repars rapidement. Je vais rouler un bon moment avec des habitués des longues distances, 7 PBP pour un, 11 PBP pour un autre, respect je me fais tout petit. C’est là sur ce parcours magnifique et très vallonné que quelqu’un a placé un réservoir d’eau avec tuyau d’arrosage et pancarte « pour cyclistes »… ; un geste bien sympa, merci à lui.
A 2h du matin, arrivée à Monpazier pour le CP4 après 360km via la Corrèze et la Dordogne, où on a traversé Sarlat-la-Canéda, la petite ville joyau incontesté du Périgord Noir. Mais à cette heure là, il est temps de penser à dormir un peu même si la nuit sera courte…
Il est 6h, une vague hésitation avant de repartir, il y a déjà beaucoup d’abandons et la journée s’annonce caniculaire ! Après la traversée d’Agen on arrive au CP5 (430km), et décidément la cohabitation cyclistes voitures ne s’améliore pas. Je suis dans le Lot-et-Garonne, les routes sont accidentées, les pentes sévères, la chaleur accablante (47°au compteur) ! Sur cette portion de route les points d’eau sont rares, et j’ai un compagnon de route mal en point… ! Je me permets de rentrer dans les propriétés où l’on trouve des robinets extérieures. Là, certains nous fournissent de l’eau fraîche tout en nous regardant comme des extraterrestres un peu inconscients ! Mais ont-ils tort !?

Arrivée au Houga (32), 530km, c’est le CP6 et il me reste encore 70km pour relier le CP7 à Soumoulou (64) où j’ai un point de chute pour passer la nuit. Le début de nuit est difficile, je somnole : sans doute une fatigue trop forte ajoutée à la chaleur. Finalement la nuit sera courte, et je décide de repartir à 2h du matin pour effectuer la montée du col de Marie Blanque de nuit, à la fraiche..Le début de la montée est très raide, 5km à 8 %, ensuite un plateau où je croise des patous et chevaux en liberté et un peu étonnés ; mais que fait ce cycliste à cette heure ?? Puis un nouveau km à 9 % et enfin la délivrance : le col 1035m et le CP8 (650km). Longue descente, très pentue sur les 4 premiers kilomètres, direction Escot et le pays Basque. Je prends un gros coup de fatigue et je m’assoupis sur le vélo; un concurrent me dépasse et je ne peux pas accrocher sa roue.
Sauveterre de Béarn CP 9 (720km). Petite récup’, ravito, et c’est reparti sur de gros talus, le ciel est couvert, la température plus clémente 30°, et là alerte…, les batteries de dérailleurs se mettent au rouge, probablement dû aux nombreux changements de vitesse !
Ouf , St Jean-de-Luz CP10 (800km) : je peux recharger les batteries dérailleurs…, et aussi les miennes !! L’appétit et le moral sont bons, et il est temps de remonter vers le nord. Je suis rejoint
par un groupe de six ; l’ambiance est bonne, ça roule assez fort, et un capitaine de route s’improvise. Il régule la vitesse cela nous permet d’arriver rapidement à St Jean-de-Hinx, le CP11 au 860ème km. Normalement j’ai prévu une étape ici, il est 18h, mes compagnons vont jusqu’à Mimizan. Je continue une cinquantaine de km pour dormir dans la pinède.

A 2h30 réveil, catastrophe : Garmin est fatigué lui aussi il ne veut plus se mettre en marche ! Je n’ai plus de trace ! Après 10 minutes à envisager un abandon sur problème technique, il décide de faire un effort, se rallume et retrouve le parcours… Ouf ! Mais c’est une piste cyclable qui chemine dans la pinède sur 30km, ! Pas facile de nuit ; elle est étroite, recouverte d’aiguilles de pin, de racines…, et j’évite la collision avec un chevreuil apeuré ! Bilan: 17 km parcourus en 1h, je n’avance pas ! Alors je prends quelques risques et j’accélère… J’arrive à Mimizan, CP12-950km, à 6h, soit 3h avant la fermeture du contrôle !
Les bénévoles nous accueillent toujours avec bienveillance et encouragements ; ici ils me renseignent sur un groupe qui vient de partir, d’autres dorment encore ! Les attendre, cela m’éviterait de rester en solo, car ce qui m’attend n’est pas évident avec de très longues lignes droites, mais… !? Finalement je vais continuer solo ! Et j’entre dans l’enfer: des plaines immenses avec route rectiligne sur 10, voire 15km. Où suis-je ? Je me mets en mode « pilotage automatique », avec nez sur les prolongateurs, faisant abstraction de la douleur (escarres à la selle), évacuant les pensées négatives (crevaison,rupture chaîne…) !

Soulagement, j’arrive au Muret CP13 (995km). Il reste encore de longues lignes droites, mais au milieu des pins : l’ambiance y est moins désespérante. J’arrive à Andernos CP14 (1050km). Je suis toujours en solo, j’ai un bon rythme, et heureusement depuis tôt ce matin le vent ne vient pas gêner ma progression. J’accède enfin à la route forestière, avec des phares qui m’emmènent à Hourtin-Plage CP15(1110km). J’ai repris un peu d’avance sur l’horaire de fermeture des contrôles, et j’y trouve un contrôleur qui est un sacré personnage… : « ici contrôle de police, carnet de route, tu es bien dans les temps. Il te reste 90km… ; pas 89km, pas 91km. Je te dis 90 : fais moi confiance tu vas y arriver ! Tu as 40km jusqu’au prochain contrôle, au bout de la piste à droite tu auras le vent océanique dans le dos, dans 2h tu es à Cissac… Tu pourras boire, manger, dormir un peu. Adieu mon gars ».

Du coup, je suis regonflé à bloc; 90km..., ce sont les sorties de Bagnols !
Arrivée à Cissac CP16 (1150km)… : il y a plusieurs participants attablés pour un peu de répit. Les sourires sont là, la fatigue s’évacue un peu, on est presque au bout du chemin ! Arrivé en solo, je repars solo… Après 20km un petit groupe me rejoint dans les vignobles au nom prestigieux: Pauillac. Les relais se succèdent, nous avançons vite, et voilà enfin St Médard-en Jalles ou nous arrivons sous les applaudissements nourris ! L’émotion est forte, je craque un peu, il est 18h. Une dernière journée à 310km, dont 280km solo, à 23km/h… !
Total de ce périple: 1200 km, 11000m de D+, 82h20 tout compris, avec 57h sur le vélo à 21km/h de moyenne. Au final : 47° sur 280 inscrits.
Un grand merci aux organisateurs et bénévoles toujours aux petits soins…. "
Merci à toi Philippe pour ce beau résumé de ce difficile challenge... Tu nous l'a fait vivre comme si on y était..., mais la souffrance en moins !! Récupère bien, et à bientôt.
BRAVO, FÉLICITATIONS...., ET RESPECT MEC !!
Photos ici
Bollène: BRM 200KM
Fallait une sacrée motivation avec cette météo !

26 Mars 2026
Le Samedi 14 Mars il pleut et il fait froid sur Bollène, et partout ailleurs...!
Mais sept membres du club, engagés sur une"galère" de 200 bornes, décident quand même d'y aller ! Et pour Agnès, Ourdia, Sylvie, Christian, Eric, Laurent et Michel c'est parti pour plus de 10h "dantesques"... Mais je la "parole" à Eric, qui y était, pour vous narrer ce périple dont ils se souviendront...!
" BRM Le Couron le 14 mars 2026...
« On y va ou on n’y va pas ? »
C’était la question que tous les inscrits se posaient la veille du départ, au vu de la météo pluvieuse annoncée, (qui allait se révéler dantesque !).
Beaucoup décident de ne pas y aller, mais je poste sur le groupe BRM : « allez, ça va le faire, on n’est pas en sucre ! ».

Nous nous retrouvons donc au départ à Bollène à sept du club, le lendemain dès l’aube : Agnès, Laurent, Ourdia,Sylvie, Christian, Michel et moi.
Le départ était annoncé à 6h, sous le déluge ! Mais nous décidons de le reporter. Finalement, nous partirons bons derniers. à 7h02… (une heure de perdue sur l’heure d’arrivée limite pour
valider le brevet, mais on a de la marge !). Alors même si la route était détrempée, la pluie s’était calmée.
Nous roulons donc sur un itinéraire que l’on connaissait bien : le grand Laoul, puis virage à droite direction Alba la Romaine. Et c’est au 30ème km que je crève de la roue arrière
!
La pluie est revenue, difficile de réparer dans ces conditions humides, mais c’est reparti vers le col de Fontenelle. Plus on monte, plus il fait froid, au sommet il neige, il y a du vent et
il fait 0 degré !
J’ essore mes gants, prends difficilement une photo pour le 1er contrôle et m’accroupis dans le fossé avec Laurent pour me protéger des intempéries en attendant le reste du groupe !

Tout le monde est transit, il ne faut pas traîner et repartir vers vers le col du Benas, et basculer vers Lussas où nous nous sommes arrêtés dans un café pour tenter de nous réchauffer.Et
c’est ici, au 93ème km, que 3 d’entre nous décident d’arrêter, Michel ayant les doigts gelés, Sylvie trop mal aux pieds et Ourdia prise de malaise avec de trop fortes nausées.
Coup dur pour l’équipe ! Mais il faut terminer, nous sommes venus pour ça. Nous descendons alors vers Lavilledieu où 15 km de gravel inattendus nous attendaient sur la via ardéchoise. Il ne
faut pas que je re-crève, c’est pas le moment ! Finalement, ça passe ! Le mistral se lève chassant les nuages et laissant entrevoir le soleil, ça réchauffe un peu malgré tout.
Km 120, le rocher de Sampzon …
Tout en gestion, nous allons chercher dans la douleur, le tampon du 2ème contrôle accroché à La Croix, mais laquelle ? Nous montons jusqu’au sommet à La Chapelle. Erreur, c’était La Croix du
village en contre-bas. Peu importe, nous rattrapons même un groupe parti 40 minutes avant nous. Nous arrivons à l’Aven d’Orgnac au 150ème km et prés de 2000m de D+. Encore 50 km et c’est la
délivrance !

Frigoulet … Goudargues … Saint-Gervais … C’est de plus en plus dur, et il faut maintenant rouler face au mistral pour rejoindre Bollène. La moyenne chute. À Pont-St-Esprit, nous rallumons nos
lampes avec lesquelles nous étions partis le matin, et là, une dernière averse pour nous rappeler le thème de la journée ! À l’entrée de Bollène, Christian accroche un poteau et chute dans un
fracas glaçant…
Plus de peur que de mal, on repart tant bien que mal, mais le gps a décroché et on perd la trace jusqu’à l’arrivée ! Finalement, nous arrivons à bon port à 19h25, soit 5’ avant la limite,
éreintés mais heureux d’avoir validé ce BRM, et où un bon repas chaud nous attendait. Notre résilience de groupe a eu raison de ces conditions météo extrêmes, et c’est ce qui a fait le charme de
cette aventure incroyable.
Une première pour moi, 208 km, 2250m de D+, 10h40 de selle.
118 inscrits, une cinquantaine de brevets validés.
Ça, c’est fait ! "
Eric, merci pour le résumé qui rend bien compte des conditions météo avec lesquelles vous avez dû composer !!
Un grand bravo à tous les sept, même ceux qui n'ont pas eu d'autre choix que d'arrêter; ils sont allés au bout de leurs forces... Déjà être au départ c'était "costaud" ! Respect !
Les photos non réduites ici
. V3C Vélo-Club les 3 C V3C
